Les dangers du livre numérique

Le framablog vient de publier une traduction de l'article de RMS à propos des dangers du livre électronique. Intéressant, même si il faut faire attention à ne pas confondre livre électronique et risques liés au format de distribution.

Si on passe sur le fait qu'un livre electronique est moins agréable à lire que sa version papier, il reste quand même quelques problèmes, la plupart liés au format de distribution de l’œuvre.

J'avoue ne pas trop savoir quoi penser de tout ça. D'un coté le livre électronique permet de franchir les frontières plus facilement, et semble avoir un tas d'avantage (notamment le fait que se trimbaler avec l'ensemble de sa collection de bouquins est désormais possible).

A mon avis, ce qui pose vraiment problème, ce sont les formats sous lesquels ces livres sont mis à disposition, non pas les livres eux même. Encore une question de DRMs donc…

Encore une problématique liée au copyright et au fait que le copie privée pose des problèmes à l'industrie en place. Ça renvoie à des questions plus profondes, et principalement à la mise en perspective du producteur de contenu et du consomateur de ce même contenu. Exactement ce qu'on essaye de résoudre dans le milieu agricole par le biais des AMAPs.

Sauf qu'ici, on est face au simple problème de la dématérialisation. Est-ce qu'une responsabilisation des consommateurs ne pourrait pas résoudre ce problème de publication ?

Recemment, j'ai récupéré une version piratée d'un livre technique, simplement parce que je ne trouvais pas une version de ce livre en numérique qui me permette de faire une copie privée de celui ci. Un Epub, par exemple. J'ai fait en me disant que c'était un acte militant. Sauf que non, ce n'est pas une solution soutenable, et j'en viens maintenant presque à le regretter. On en discutait rapidement avec Tarek il y à quelques jours et il pointait du doigt que ceux qui en patissent sont les auteurs des livres, non pas les éditeurs (qu'il ne faut pas non plus diaboliser selon moi, ils cherchent à trouver des manières de garder leur coeur de métier).

Or, avoir des auteurs, des personnes qui sont prêtes à partager leur savoir à de larges audiences me semble primordial pour que la répartition du savoir continue à se répendre. Certes, le blogging permet cela dans une faible mesure, mais de manière bien moins construite, et surtout, est fait de manière bénévole (à moins que certains bloggeurs aient trouvé des moyens de rémunération dont j'ignore l'existance ?), donc il est plus difficile pour les auteurs de se dégager du temps pour travailler sur de gros ouvrages (ceci est bien évidemment une généralisation).

Quelles sont nos solutions, donc ? Peut être se tourner vers des solution de publication alternatives, couplées à une résponsabilisation des lecteurs. Je ne pense pas necessairement aux plateformes alternatives comme framabook, parce que je me demande toujours si cela est une solution viable pour les auteurs, du moins dans les premières années, mais au moins des éditeurs qui ne font pas le choix du grand verrou numérique.

On demande pas grand chose, pourtant… Peut être même que de telles initiatives existent déjà ?

Et vous, vous les achetez ou vos livres ?